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Les grottes ornées

 
 

Grotte Margot
Une nouvelle grotte ornée en Mayenne

 

 

Belle découverte en Mayenne de notre ami Romain Pigeaud qui nous communique des infos grotte Margot.

Les remarquables photos sont de Hervé PAITIER

 

 
   

Rhinocéros laineux gravé. Relevé Clélia Dufayet.

L’Ouest de la France compte une nouvelle grotte ornée  : la grotte Margot (Thorigné-en-Charnie, Mayenne). Découverte en Juillet 2005 par l’équipe dirigée par Romain Pigeaud, du département de Préhistoire du Muséum national d’Histoire naturelle, elle vient d’être officiellement publiée en ligne sur le site de la revue Antiquity. Près de 45 représentations sont actuellement répertoriées : dessins au charbon, gravures, tracés digitaux, mains négatives et positives. La grotte semble avoir été décorée en deux époques : l’une au Gravettien, entre 29 000 et 22 000 ans, l’autre au Magdalénien final, entre 12 000 et 9 000 ans. Cette dernière phase nous a laissé des gravures d’une grande finesse de détails. Outre une scène d’affrontement entre deux étalons, un cheval et trois rhinocéros laineux ont été identifiés. Ce dernier animal est rarement représenté dans l’art des cavernes, sauf dans les grottes Chauvet (Ardèche) et Rouffignac (Dordogne), où il est présent en abondance.
 
La grotte Margot vient enrichir le groupe des cavités ou abris ornés paléolithiques situés au nord de la Loire, qui comporte à présent deux sanctuaires en Mayenne, deux en Seine-maritime, trois en Essonne, deux en Bourgogne. Avec la découverte récente de la grotte de Church Hole en Angleterre, c’est toute une province artistique qui apparaît, à l’écart des grands centres que sont le Périgord, l’Ardèche et les Pyrénées.
 
La grotte Margot se situe dans le « canyon » de Saulges, entaillé sur 1,5 km par l’Erve, un affluent de la Sarthe. Néandertal et Cro Magnon se sont succédés sur le site depuis au moins 200 000 ans. Le site comportait déjà une grotte ornée : la grotte Mayenne-Sciences, découverte en 1967 et datée d’environ 25 000 par le carbone 14. Un fac-similé numérique en trois dimensions est en cours de réalisation par l’IGN-Saint Mandé et l’Ecole Supérieure des Géomètres et Topographes de l’Université du Mans.
 
Depuis 1998, un programme CNRS, « Les occupations paléolithiques de la vallée de l’Erve », coordonné par Jean-Laurent Monnier (UMR 6566 du CNRS, Université de Rennes-1), réétudie le « canyon », autrefois considéré comme perdu depuis les fouilles du XIXème siècle. Les fouilles, démarrées en 1999, mettent au jour de nouvelles richesses insoupçonnées. Outre la grotte Margot, l’équipe dirigée par Stéphan Hinguant (UMR 6566 du CNRS, Université Rennes-1 / INRAP Grand Ouest) a mis en évidence dans la grotte Rochefort un niveau d’habitat solutréen. Nous avons affaire ici aux occupations les plus occidentales et pratiquement les plus septentrionales de cette culture, davantage représentée dans le sud de la France. Nous sommes alors, il y a 20 000 ans, au plus fort du froid, en pleine glaciation. Dans la couche actuellement fouillée, des outils en silex, les restes osseux d’une abondante faune chassée (renne, cheval, aurochs, ours...) mais aussi des objets en os décorés et des plaquettes de grès gravées de motifs animaliers, marquent un des sols d’occupation. La perspective d’obtenir des informations sur cette culture matérielle encore mal connue, d’établir un corpus faunique inédit pour l’Ouest de la France, comme de bâtir une séquence chronostrati-graphique fiable du Paléolithique supérieur de cette région, ne peuvent qu’encourager les recherches à venir.
 
La grotte Rochefort est, aujourd’hui, la plus vaste cavité à faire l’objet de recherches préhistoriques en France.
 
La grotte Rochefort recèle également des occupations sporadiques des époques historiques (Moyen-Âge, époque gauloise), un niveau du Mésolithique final (environ 6 000 ans) avec de nombreuses parures en coquillages et en dents percées, dont une molaire humaine. Ainsi qu’un niveau tardiglaciaire peut-être contemporain des gravures de Margot.
 
La vallée de l’Erve, zone Natura 2000 de première importance, est aujourd’hui considérée comme une zone refuge pour la faune et la flore. En était-il de même aux temps glaciaires ? Le programme de recherches « occupations paléolithiques de la vallée de l’Erve », démontre que cette région, aux marges du Massif armoricain, était déjà un espace d’occupation privilégié durant la Préhistoire. La qualité des vestiges conservés, l’originalité de l’art de ses cavernes, font de la vallée de l’Erve un site majeur pour l’étude des premiers peuplements de l’Ouest de la France, à l’égal de ceux de la vallée de la Vézère, en Périgord.
 
Sur Internet :
 
 
 
 

Voir aussi le site :

http://antiquity.ac.uk/ProjGall/pigeaud/index.html

(il faut Internet Explorer).

Merci Romain

 
 
Publié le samedi 17 mai 2008
Mis à jour le samedi 10 janvier 2009

 
 
 
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