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Traces de chamanisme...

 
 

Rouffignac

 

Rouffignac

Le choix de cette cavité est dû à son unité tant stylistique que thématique, remarquablement publiée par C. Barrière et ses propriétaires Marie-Odile et Jean Plassard.

Elle est d’abord exceptionnelle par le nombre de digités - les " macaronis " de H. Breuil - qui, comme je l’ai dit plus haut, pourraient être, pour beaucoup, assimilables à un état de transe et de modification de l’esprit.

Elle l’est surtout pour un phénomène relevé par C. Barrière mais non explicité : l’absence d’œil et d’oreilles de certains animaux - voir tableau (Fig.4, 11) et c’est bien là que la cécité de certaines re-présentations a mis fin à la mienne.

En effet, dans la plupart des cas d’affrontement ou d’association, un des " figurants ", mammouth la plupart du temps, est pourvu d’œil et il est souvent blessé, marqué par des traits ou des coups violents, l’autre n’a pas de coups mais est dépourvu d’œil. Mort (virtuelle) pour l’un, " voyage " pour l’autre et bien sûr, comme l’ont déjà fait remarquer plusieurs auteurs mais surtout Max Raphaël ( pour d’autres cavités, il n’a pas eu la chance de " visiter " Rouffignac qui lui aurait fourni un excellent sup-port pour argumenter le totémisme qu’il adopte dans sa thèse et que reprend prudemment D. Vialou - op.cit. 98, p.68-69 -), ces animaux n’en sont pas : ce sont des hommes, plutôt des sorciers / chamans .

Le premier panneau de Rouffignac paraît aller dans ce sens , il est assez explicite : la tête du " chaman " revêtu de son masque de bison est positionnée entre deux mammouths / chamans de ce type ; oeil / blessure - pas d’oeil, pas de blessure - mort virtuelle du premier se transcendant dans le second en mammouth / chaman circulant dans un au-delà où voyant, il n’a plus besoin de ses yeux.

Ceci ne se vérifie pas dans chaque cas, mais trop souvent pour que cela soit le hasard ! Il faudra alors étudier de très près les " repassage / réutilisation / superposition " valant " doublage " de " l’individu " ( comme à Font-de-Gaume - Fig. 4, 10 - et dans quantité de grottes). Il est possible que ce phénomène se " lise " dans quantité d’animaux, chaque chaman ayant son propre esprit / animal tutélaire.

Nous retrouvons ce schéma de " couple " ( oeil et souvent blessure - pas d’oeil, pas de blessure) dans d’autres cavités : Combarelles , " scène " du puits de Lascaux - j’y reviendrai plus loin - , les mammouths dont un est très humanisé de la voûte de la haute galerie de Bernifal. associés à un " masque ". Côa où un cheval blessé à l’épaule (trait non relevé par les inventeurs) laisse " échapper " son double - pas d’oeil, Niaux , Mas d’Azil et pour les têtes humaines de Rouffignac des Combarelles

Nous avons vu l’importance du cheval / voyage, les pattes de ceux de Rouffignac sont en extension, ils semblent vraiment s’envoler (et déjà du plafond pour certains) ou revenir. Restent bien sûr tous les autres animaux et signes , mais mon sujet est de trouver des traces de chamanisme, et non d’expliquer tout l’art préhistorique, bien qu’en grand nombre, figures et panneaux puissent être décryptés avec ce système, l’art préhistorique n’ayant eu que peu d’évolution en quarante siècles, il existe donc beaucoup de constantes quantifiables..

 
 
Publié le dimanche 19 juin 2005
Mis à jour le vendredi 11 mars 2011

 
 
 
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