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Traces de chamanisme...

 
 

Pech Merle

 

 Pech Merle

La haute voûte centrale de la grotte " ornée " est occupée par des femmes (privées d’oeil) - une est sans tête - associées à des mammouths (privés d’oeil) qui, de la voûte, semblent descendre vers cette zone d’ombre qu’est une " niche " percée d’un trou, réceptacle de l’eau qui s’enfonce dans la terre. La voûte est peinte ; là sont bien ces curieuses représentations, femmes / bisons pour A. Leroi-Gourhan , femmes/mammouths pour d’autres, femmes stylisées en tout cas et associées à une encolure et tête de cheval privée de sens (voyage ?) et à un mammouth schématique (sans oeil et sans défenses).

Le choix de cet endroit où l’eau " court " n’est certainement pas gratuit, l’eau est un véhicule, ce qui doit être le cas pour les gravures en bord de rivière de Siega Verde en Espagne et de la vallée de Côa au Portugal, dans les grottes de Cantabrie au bord du Rio Pas (Las Monedas, Pasiega, El Castillo, Chimeneas) ou en bord de mer comme Pindal ou Tito Bustillo dans les Asturies.

Ces femmes, grosses, peuvent être interprétées de deux façons : ·
soit elles assurent, en tant qu’êtres fécondants, le retour du chaman/mammouth, nous en reparlerons,
soit ce sont des femmes/chamans car rien ne s’oppose à ce que les chamans soient des femmes, accompagnées par leur animal tutélaire, le signe cercle échancré signifiant peut-être un aller-retour au même point. Nous aurions donc dans ce mouvement niche-voûte un aller-retour du chaman/mammouth ; à côté, une main, négative, peut-être une main de femme d’après les spécialistes, matérialisant le point de passage.

Les célèbres chevaux pommelés sont des chevaux dits à têtes en " bec de canard ", pas d’oeil, les têtes bien délimitées du restant du corps par la coloration (segmentation ?) associés à un poisson (véhicule, voyage dans l’eau qui s’enfonce sous terre ?).

La position de " croisement " des deux animaux peut être interprétée comme un aller-retour dans cette roche mère évoquant par son relief le cheval. Les mains négatives entourent ici aussi cette scène. Les mains exécutées au bas de la paroi ont obligatoirement nécessité une attitude de prosternation. Là encore, sur un des chevaux, nous retrouvons ce fameux " cercle ". (aller-retour ?). Les ponctuations, véritable " aura " des chevaux, ne sont pas sans rappeler le bison ponctué de Marsoulas : sans consistance, sans vraies limites et pourtant là. Il nous faudra peut-être placer dans ce cadre tous les animaux dont le tracé n’est constitué que de points (Covalanas, Font-de-Gaume, ...). Un bison est tout proche, il est d’une autre époque ; un chaman est venu ici, plus tard, pour puiser l’énergie du lieu. Il a laissé sa marque, son animal tutélaire, augmentant la magie du lieu (et compliquant sa lecture !)

Les mains négatives n’existent que par leur absence, on voit des mains, mais elles n’y sont pas ! Serait-ce la symbolique de la " présence immatérielle " ? Serait-ce la marque-contour du point de passage de " l’autre-côté " indispensable au retour telle une porte/serrure dont la main matérielle serait la clé ? La frise noire  : le cheval / voyage, privé d’oeil, en extension, est au centre du pan-neau ; deux bisons/chamans ou auxiliaires privés d’oeil sont bien là entourés de mammouths/chamans, pour certains incomplets. Tous sont privés d’oeil, l’un d’eux à droite est marqué de points pou-vant être des blessures (mort virtuelle), un autre à gauche semble " s’envoler ", traverser la voûte dans un grand effort d’étirement, comme la vache n° 24 (numérotation H. Breuil) de Lascaux . La vache de gauche, en bas, est blessée et semble agoniser (mort virtuelle), son " double " " s’envole ", le mouvement se décompose en quatre contours de vaches, qui crachent ou soufflent du sang ; l’idée de sang est due à la blessure et à l’agonie de la première. Aucune n’a d’oeil, les deux premières sont munies de cornes, les deux dernières n’en ont pas comme si l’animal / chaman s’évanouissait peu à peu dans la paroi à cet endroit précis où se trouve le cheval / voyage (similitude avec Côa ) ! Cette frise a été placée là car, au préalable, il y avait un cheval rouge (incomplet) accompagné de ponctuation ... Le voyage avait déjà eu lieu à cet endroit ! Ce panneau / endroit a donc été réutilisé à plusieurs reprises. L’homme blessé - Il est vraisemblablement le chaman dont la mort virtuelle l’amène vers son animal tutélaire, l’aurochs placé juste en dessus de lui, ou, comme à Cougnac, vers la tête de bouquetin placée plus haut. Dans la " galerie de l’ours ", un étrange face-à-face où l’on peut lire : le premier animal / ours / chaman dont on ne voit que la tête pourvue d’oeil et d’oreille est blessé (mort virtuelle) ; lui faisant face tel un miroir la silhouette d’une deuxième tête d’ours, son double dans le monde autre où il n’a nul be-soin d’oeil ni d’oreille ... il n’en a pas ! Dans l’ossuaire, même décomposition de mouvement pour ce mégacéros aux ramures immenses qui s’estompe dans la roche/mère en trois dessins au doigt qui se terminent par une simple esquisse du dos et de l’encolure de l’animal / chaman ! Le panneau est couvert de digités, " troublant " la scène - altération / transe

 
 
Publié le dimanche 19 juin 2005
Mis à jour le vendredi 11 mars 2011

 
 
 
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