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Traces de chamanisme...

 
 

Lascaux

 

 Lascaux

La numérotation des animaux utilisée est celle, initiale, de H. Breuil et A. Glory, reprise ensuite par A. Leroi-Gourhan, G.Bataille et M. Ruspoli.

Bien entendu, on ne peut pas ignorer le chaman / licorne, être composite aux jambes humaines ; notons, outre tout ce qui a pu être dit et écrit sur cette " figure " qu’elle est placée sur une ancienne tête de cheval rouge et que nous aurions eu là une fois de plus " le voyage " (étrange similitude avec la frise noire du Pech-Merle.

Le premier compartiment du diverticule axial paraît significatif : un grand cervidé -chaman ? - dont seule l’avant-main a été peinte, privé d’oeil mais pourvu de ramures " délirantes " dont les extrémités se terminent en " mains humaines " à cinq doigts, a été placé de façon que son mufle en-trouvert se trouve devant une tache rouge, naturelle, ressemblant à un souffle de sang ... Il est placé au dessus d’un " cheminement " de points ... dans le prolongement, une succession de points identiques nous amenant vers le " cheval chinois " n° 45, privé d’oeil, dont les pattes avant se confondent avec ce second " arrangement " de points, semble " accompagner " la vache n° 44 (transformation cerf / au-rochs / chaman ? : animaux auxiliaires ? ? plusieurs voyages ? ?) blessée à la nuque et plus ou moins affaissée (comme la vache de la frise noire du Pech Merle).

La vache n° 24, étirée au maximum, paraît traverser la voûte avec grand effort, toujours mar-quée au dos par un trait / blessure, son poitrail est dédoublé, elle a encore un oeil ; elle est accompagnée par trois chevaux n° 42 " galopant " et nous amène au centre de la voûte, véritable coupole où trône la tête d’un cheval - non relevée par A. Glory, ni par F. Windels, mais bien visible sur la photo de M. Ruspoli - véritable centre de cette " ronde " (le voyage ?) ...

Nous nous trouvons de l’autre côté du diverticule ... La scène se poursuit avec la vache n° 23 - seul son avant train est peint - le dos porte toujours cette " blessure " accompagnée de signes énigmatiques et probablement magiques ; sa tête est noire, bien délimitée par la couleur du reste du corps (segmentation !) et privée d’oeil, les cornes " tombantes " paraissant inutiles ; elle est accompagnée par le cheval n° 22 ; la dernière figure n° 21 est la dernière vache, au dos encore une fois redoublé, à tête noire, toujours bien délimitée par la même coloration noire, pas d’oeil, pas de sabots ! Serait-ce la même vache / chaman dans son périple douloureux ?

Si l’on lit dans le sens n° 21 - n° 46, le mouvement circulaire de tous les chevaux semble assurer " le retour " vers ce cervidé / chaman. Le cheminement de ponctuation est rehaussé au niveau des pat-tes du cheval n° 45, semblant marquer la difficulté du voyage, rompu pendant quelques instants / espaces et se retrouve dans un signe quadrangulaire simple, possible point de départ et d’arrivée (H. Breuil lisait là le cheminement vers un piège).

En outre, les chevaux n° 45 et n° 43 accompagnés de signes angulaires " emboîtés " (cf. D.Vialou) en forme de flèches, symbole universel du vol ou du voyage, non vulnérantes puisque ne touchant pas les animaux, renforçant encore, si besoin en était, le dynamisme et l’animation du panneau (mouvement des pattes des chevaux, des ramures du cervidé, des cornes des vaches, étirement de la vache n° 24).

Plus loin, ce même mouvement est répété dans la célèbre frise des (têtes de) cerfs accompagnés eux aussi par une encolure de cheval ... sur une ligne de points .

La scène du puits .

Le premier bison / chaman, blessé au ventre (souffrance probablement due aux hallucinogènes) est associé à l’homme, chaman en " transe extatique " avait déjà dit H. Kirchner en 1952, image du vol rehaussée par la tête d’oiseau, ses mains / pattes de volatile, sa position de " lévitation " et par le " propulseur " décoré d’un oiseau, double symbole de vol et de " propulsion ". Notons au passage les deux propulseurs décorés de têtes d’animaux cachés et retrouvés dans les galeries ornées de Bedeilhac et du Mas d’Azil, celui d’Enlève également décoré d’un oiseau, phénomène pouvant être associé au galet gravé d’une tête de cheval trouvé enterré sous la gravure pariétale d’un bison au Mas d’Azil (J.Clottes, 1999, op.cit., p.77).

La troisième figure ne serait donc pas un rhinocéros, mais un bison se fondant peu à peu avec la roche (aller-retour ?), comme l’a démontré de belle manière F. Soubeyran (op. cit.). Il faut noter la pré-sence, juste en face, d’une tête de cheval / voyage et ne pas oublier le brûloir trouvé par A. Glory et la symbolique de la fumée qui outre des effets grisants selon le combustible, est elle aussi symbole de fuite, de montée, de lien avec " l’ailleurs ".

Regardons le cheval n° 4 du " panneau de l’empreinte " associé à une tête de bison, il est blessé et semble se décomposer en plusieurs encolures s’estompant dans la paroi ... " Perd-il la tête ? " (segmentation), s’envole-t-il ? Idem pour le cheval à double tête qui le précède et qui est marqué par le même signe en " flèche volante " que le cheval n° 43 du diverticule axial. Le bovidé n° 12, blessé, deux têtes, un second arrière train, à l’envers, paraît rentrer dans le rocher, accompagné par le cheval n° 10, entier et dans l’autre sens, une encolure et tête du cheval n° 4, privée d’oeil (aller-retour ?).

Dans l’abside, les flèches / claviformes " magiques " blessant le cheval semblent libérer son " double " représenté par sa double tête et ses antérieurs doublés, un signe magique l’accompagne. Une comparaison avec les flèches magiques du Zimbabwe est tentante.

Derrière les deux aurochs prétendus " acculés " comme les chevaux pommelés du Pech Merle mais pouvant être la suite logique d’un face-à-face / affrontement puis pénétration dans la paroi / au delà et retour, se trouve le " cabinet des félins ".

Deux félins / chamans sont blessés : l’un crache du sang ou un vomissement dû peut-être à un hallucinogène ; " trône " au dessus le chaman / bison (nous ne voyons que la tête) accompagné par le cheval / voyage qui semble " revenir " puisque de face. Pas d’explications pour les bouquetins qui sont, peut-être, des esprits auxiliaires accompagnant le/s chaman/s et son/leurs animal/ animaux tutélaires.

Dans l’axe passage - nef , nous retrouvons encore une fois le chaman / cerf blessé accompagné par le cheval / voyage, leurs pattes étrangement entremêlées. Le mouvement est accentué par des " flèches volantes " (les signes angulaires emboîtés de D. Vialou).

Je pourrais multiplier les exemples avec ce nouveau système de lecture. Il faudra le faire, Lascaux et ses artistes le méritent. Ma restriction est donc volontaire.

 
 
Publié le dimanche 19 juin 2005

 
 
 
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