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Colloques - Congrès-Manifestations

 
 

XI° Congrès international des guides des grottes préhistoriques
Les Eyzies-de-Tayac 7-9 février 2005

 
7 février 2005. Matinée de communications dans l’auditorium du Musée des Eyzies
 
La conservation des grottes ornées (J.M. Ceballos del Moral, dit Chema)
 
A Castillo les dégradations de la grotte apparaissent dès les premières fouilles en 1910. L’aménagement pour les visites, la construction des premiers escaliers, l’éclairage par incandescence ont transformé l’équilibre de la grotte et ont altéré les peintures. En 1998, le remplacement de l’éclairage par des lampes froides a permis à Castillo de retrouver des conditions climatiques identiques à celles d’avant la mise en exploitation. Une visite dans une grotte proche a montré que des racines d’eucalyptus traversaient la grotte et détruisaient les parois. Tous les eucalyptus autour de la grotte du Castillo ont été arrachés. Les autres grottes du site sont elles aussi étroitement surveillées et en particulier l’éclairage a été remplacé par des lampes froides à Las Monedas. La Pasiega avait été équipé d’un éclairage qui n’a jamais été utilisé. Un mur artificiel a été érigé entre les galeries A et C pour protéger les peintures. On a récupéré plus de 40% des couleurs. Chimeneas n’a jamais été éclairée et la visite est limitée à 3 personnes par jour. Les mesures concernant la température, l’aération, l’hygrométrie de ces grottes assurent à présent une conservation optimale.
 
Une nouvelle conception de l’origine de la bipédie humaine (Yvette Deloison)
 
La bipédie est très ancienne chez les vertébrés on connaît un lézard bipède à l’ère primaire. La bipédie se trouve dans tous les groupes (reptiles, oiseaux, mammifères). Chez les primates, le schéma classique veut que la bipédie s’acquiert tardivement, le redressement s’accomplissant chez les australopithèques puis chez l’homme. Les faits anatomiques vont à l’encontre de cette théorie. Lucy présente des caractères anatomiques simiens (cage thoracique, bassin, crâne, main aux os longs et courbes, pied au pouce écarté). Les australopithèques ne sont pas les ancêtres de l’homme. Les empreintes fossiles de Laetoli à talon étroit et sans voûte plantaire sont différentes des empreintes humaines et plus proches de l’empreinte des chimpanzés. Ces empreintes sont celles d’australopithèques qui, traversant un passage inondé, avaient une démarche bipède (Les grands singes dans l’eau sont toujours bipèdes). La main de l’homme n’a jamais servi à la locomotion ni à la brachiation. L’anatomie de la jambe et du pied montre que l’homme ne peut dériver d’ancêtres arboricoles ou quadrupèdes. L’homme a toujours été bipède et dérive d’ancêtres bipèdes. Il y aurait eu à l’origine un primate primitif, donnant une lignée bipède d’où se seraient détachés des singes arboricoles, puis plus tard les australopithèques. La lignée humaine ayant conservé le caractère primitif de la bipédie.
 
Musique et animisme dans les grottes ornées (François Claerhout)
 
L’homme préhistorique est reconnu depuis longtemps comme un artiste accompli, mais on commence juste à s’intéresser à son paysage sonore. Les sons peuvent être naturels (taille du silex) ou intentionnels (la musique). Les aires de Broca et Vernick existent dans le cerveau des australopithèques et le rendent capable de faire une protomusique. L’archéologie musicale montre des instruments au paléolithique supérieur. On trouve ainsi des coquillages percés , des flûtes en os de mammifères ou d’oiseaux (Isturitz) avec perçages et décorations, des sifflets effectués avec des phalanges de rennes percées, des arcs musicaux (Trois Frères ?) , des rhombes en os (Lalinde) couverts d’ocre, ou en pierre. Les instruments à percussion effectués dans des matières périssables n’ont pas laissé de restes mais des tambours sont représentés sur les peintures (Roucadour). Des lithophones (des stalagmites de Pech Merle, ou Cougnac, des calcaires sonores) présentent des traces de percussion. On a aussi retrouvé des os striés qui peuvent être raclés pour marquer des rythmes.
Des peintures et des gravures représentent des joueurs de musique (le sorcier des Trois Frères ? ) ou de danses (diablotins de Teyjat, piétinements de Niaux ?).
 

Communication des gravures rupestres du site de Foz Côa (Dalila x ?)

 
Le Parc archéologique de la Vallée du Côa est un organisme public qui gère le site le plus important d’art rupestre (en grande partie paléolithique) à l’air libre au monde, classé sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Un total de 28 groupes de gravures rupestres sont réparties sur les deux rives des derniers 17 km du cours d’eau avant sa confluence avec le Douro. Les gravures datent du Paléolithique, Néolithique, Age du Fer jusqu’à des gravures-graffitis modernes. Les sites ouverts à la visite sont Cañada do Inferno, Ribeira de Piscos, Peñascosa . Les gravures ont comme support des superficies verticales de schiste, ayant une exposition préférentielle à l’Est. Leur dimension oscille entre 15 cm et 180 cm de longueur, bien que les plus nombreuses aient une longueur d’à peu près 40-50 cm. Les techniques utilisées sont le piquetage et l’incision, qui parfois coexistent, l’incision régularisant le piquetage. Les traits sont larges, mais parfois accompagnés d’une multitude de traits fins, esquissant ou bien complétant les traits larges. Dans d’autres cas, ces traits fins définissent des formes difficilement perceptibles d’autant que les superpositions sont nombreuses.
 Les photos présentées montrent des gravures de cerfs, de poissons, de chevaux, d’aurochs, de bouquetins... Les gravures néolithiques montrent des anthropomorphes, celles de l’âge de Fer des personnages habillés , les figures plus modernes montrent des motifs religieux, des scènes historiques et enfin un pont métallique sur lequel passe un train... !
 
La géologie utilisée comme élément de la conservation des grottes préhistoriques ( x ?)
 
Un programme d’étude géologique a permis de constituer une carte des risques géologiques autour des sites préhistoriques (Tito Bustillo, Altamira, Castillo). La méthodologie consiste à l’élaboration de la carte de topographie détaillée, puis de la carte géologique, définition des paramètres de risques géologiques (stratigraphie, géomorphologie, structure géologique - failles, karsts etc..). Le calcul du taux de risques naturels permet d’établir un périmètre de sécurité autour des grottes. 
 
La grotte de la Garma, la grotte, le cheval, le chaman (Pascal Raux)
 
C’est une grotte cantabrique où l’on a retrouvé un important matériel magdalénien souvent gravé. Les photos présentées montrent un certain nombre d’objets trouvés et les comparent à des objets équivalents dans les autres grottes. On y trouve quatre cercles de pierres au sol qui rappellent des structures de cabanes (et non des foyers) des fragments de bijoux en os, des spatules, un propulseur, des contours découpés d’animaux. Les animaux représentés sont des cervidés, capridés, félins, ours, chevaux .
De nombreuses photos expliquent le discours chamanique du livre de l’auteur : un cheval sort d’une faille de la paroi, un autre semble flotter. Le signe de la Pasiega sert de clé à l’explication de cette théorie avec un animal-chaman qui entre et un autre qui sort du signe. D’autres objets ou dessins reprennent ce thème d’un animal (ou une femme à Isturitz) qui sort du signe et un qui y entre.
 
La conservation des gravures pariétales à Fontainebleau (Alain Besnard)
 
Le massif de Fontainebleau qui est en zone boisée, possède un art rupestre mésolithique important. Cette forêt, en région parisienne est , sur-fréquentée chaque week-end. Les abris sont de petite dimension, en cavités. Les dessins sont souvent géométriques obtenus par abrasion (quadrillages, grilles) ou semi figuratifs (cervidés). Quelques gravures sont paléolithiques (chevaux).
Les causes de dégradation tiennent aux griffades animales, à la présence de lichens, aux travaux des carriers (un bloc a été retrouvé dans des déchets de carrières), les feux de forêts, l’instabilité des blocs sur un substrat sableux (risques d’éboulements), des graffitis de tous âges, des pastiches (gravures modernes), l’impact des chaussures ou des tirs des manœuvres de militaires, du remplissage par des détritus divers, des bombages à la peinture, de tentatives d’enlèvement des gravures etc...
La protection de ces abris est difficile, plusieurs essais ont été tentés : le gardiennage est impossible , 5 abris ont été murés en 1955 mais les murs ont été défoncés. Des barrières dissuasives peuvent réduire la fréquentation. Pour limiter l’érosion des sentiers des cheminements aménagés ont été installés qui permettent à la végétation de se reconstituer. Des larmiers peuvent éviter le ruissellement. Actuellement, après de nombreuses tentatives, le camouflage des abris semble être la meilleure solution pour les protéger.
 
Soirée du 8 février 2005. suite des communications
 
Quelques nouveautés à la grotte du Portel (Raymond Castillon)
 
La grotte du Portel se trouve dans les Pyrénées ariégeoises. Elle présente 500m de galeries. Les figures sont peintes ou gravées datant de l’Aurignacien jusqu’au Gravettien. Il y a plus de 200 figures. Sans entrer dans les détails on peut dire qu’il y a des tracés indéterminés (points, taches), des chevaux, dont un est souvent reproduit, des bisons et des personnages humains. Une fente peinte en rouge suggère une vulve ( ?). Un être étrange anthropomorphe, ithiphallique ( ?) avec une barbiche et un gros ventre ( ?) a beaucoup intrigué ; selon l’auteur, la lecture de ce personnage a été mal faite, la barbe pouvant être en réalité un bras, et l’individu deviendrait une femme à l’anorak ( ?). Des concrétions courbes se voient sur le visage qui ressembleraient à des poils concrétionnés par de la calcite ( ?) Beaucoup de questions sont soulevées dans cette communication et restent à confirmer.
 
Essai de renouer avec la musique des origines (Pierre Suarri)
 
Deux musiciens viennent présenter leurs recherches concernant la musique des origines. S’inspirant des chants et des cris des peuplades actuelles (Afrique, Asie, Amérique) des bruits qui existaient dans la préhistoire (taille du silex par exemple) ils essaient de réinventer une musique des origines. Ils nous en donnent un exemple. Ils projettent de faire un voyage à pied de Lascaux à Foz Côa, s’arrêtant dans les principaux sites préhistoriques le long de ce parcours inventant un « laboratoire itinérant ». Souhaitons leur bonne chance !
 
Soirée du 9 février 2005, fin des communications
 
Représentation des félins dans l’art paléolithique (Françoise Soubeyran)
 
La représentation des grands félins dans l’art pariétal et mobilier du paléolithique représente environ 2% du bestiaire selon Leroi-Gourhan (près de 6% avec la découverte de la grotte Chauvet). Les préhistoriens se sont souvent interrogés sur l’interprétation à donner à ces lions « en chasse, la gueule ouverte » qui symbolisent le danger. En présentant des photos de lions et lionnes actuels, l’auteur explique les attitudes des félins peints ou gravés dans les grottes ou sur les plaquettes. Les artistes, qui connaissaient parfaitement la nature environnante, n’ont jamais représenté ces animaux dans des postures de chasse ou de défense. Leur attitude (position de la queue, gueule ouverte...) montre des animaux repus, détendus, donc jamais agressifs. Cela nécessite de revoir les interprétations que l’on se fait de ces images. Les lions des cavernes étaient-ils considérés comme des animaux bienveillants pour les paléolithiques ?
 
 
 
Publié le mercredi 15 juin 2005

 
 
 
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