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le Levant espagnol (17 au 24 avril 2004) IMAGES

 
Voyage dans le Levant Espagnol (17 au 24 avril 2004)
 
Ce voyage s’est effectué à 6 personnes (Pascal, Monique, Sarah, Samuel Raux, Gaëlle Rio et Alain Lambrechts).
 
1. El Plano del Pulido en Caspe.
 
A une dizaine de kilomètres au nord d’Alcaniz ; peu loin du Rio Guadalope se trouve une petite cavité naturelle située à une dizaine de mètres de hauteur dans une barre rocheuse.
Une grille protège les peintures paléolithiques à l’ocre rouge représentant des cervidés très réalistes et très élégants.
Au centre se trouve un cerf entier précédé d’une biche de plus petite taille. Sous et à droite du cerf se trouve des tracés fragmentaires d’ autres cervidés. A gauche du panneau dans le renfoncement du rocher on voit une tête de cerf tournée vers la droite, à moitié effacée.
 
2. Val del Charco des Agua Amarga
 
A une dizaine de kilomètres au sud d’Alcaniz proche du village de Torrevelilla se trouve le Val des Charco des Agua Amarga qui est un vallon étroit flanqué de falaises arides et dénudées. L’abri, long d’une dizaine de mètres est protégé par une double grille. Il contient des peintures rouges ou brunes très altérées.
 
A gauche on voit des archers dont l’un muni de jarretières (scènes de chasses aux cervidés et au sanglier). Sous cette ronde on voit un grand cerf avec au dessus la silhouette incomplète d’un personnage barbu. Au centre du panneau un grand cerf brun incomplet (88 cm) est tourné vers la droite en direction d’une figure féminine (60 cm) dont la position évoque la danse dont un sein est vu de profil et la longue jupe étroite laisse les chevilles et les pieds visibles. Au dessus du grand cerf, deux cervidés se recoupent dans des directions opposées.
 
 
3. Prado de las Olivanas de Tormon
 
C’est à 1300m d’altitude, dans les montagnes de la province de Teruel que se trouve les sites rupestres de Tormon. L’abri de las Olivanas est spacieux, dans un endroit pittoresque d’un chaos rocheux surplombant un petit cours d’eau.
 
Les peintures, publiées par Breuil et Obermaier en 1927, sont très belles en général brunes ou rouges. A gauche 2 cerfs (non représentés sur le relevé), puis trois bovinés noirâtres. Celui le plus à gauche sur le relevé a 4 pattes antérieures indiquant les repeints successifs. En dessous deux hommes très fins noirs portent un fardeau rouge (qui se superpose sur le noir des individus). A leur droite se trouve un archer rouge encadré d’animaux. Dans la partie droite on voit un grand taureau noir a trois pattes antérieures (repeints) suivant un taureau rouge. Au dessous un cerf rouge est entouré de taureaux. A l’extrême droite se trouve le daim agonisant proche d’un archer noir, entièrement nu, dont des traits sur le torse représentent des peintures corporelles.
Dans la partie basse de la frise s’agglutinent des petits animaux et archers de couleur blanche.
 
4. Huerto de las Tajadas
 
Près de Bezas, dans la province de Teruel, à 1200 m d’altitude se trouve le ravin de la Tajadas qui débouche dans la rivière du même nom. L’abri du Huerto est situé sur sa rive gauche. Il comporte un surplomb abritant les peintures.
A gauche une zone de 83 cm est recouverte de 125 points bruns foncés étalés en longueur formant un signe ponctué unique dans l’art levantin. S’agit-il de traces ou de pistes, de numérations .. ?
 
 A droite, un capridé rouge très clair montre un tronc traité à larges bandes parallèles. Il se superpose à une biche blanche très effacée.
 
C’est aussi dans cet abri que se trouve le petit renard non décrit par L.Dams dans son ouvrage sur l’art rupestre du levant espagnol.
 
5. Paridera de las Tajadas
 
A environ 100m en amont du précédent l’abri de Paridera est divisé en deux zones et a été utilisé en bergerie, ce qui a provoqué le noircissement des parois.
 
A gauche on voit deux biches blanches de toute beauté. L’abdomen de la biche Inférieure laisse penser qu’il
S’agit d’une bête gravide.
 
Après une épaisse coulée de calcite noirâtre qui recouvre partiellement une biche blanche on voit une ponctuation rouge, deux pointes bifides et une jambe humaine blanche qui devait appartenir à un Archer.
 
Au dessous se trouve un taureau rouge et une biche rouge à laquelle on a rajouté ultérieurement la ramure d’un cerf d’un rouge plus foncé.
 
6. Albarracin
 
A une trentaine de kilomètres à l’est de Teruel se trouve le plateau d’Albarracin où il y a une cinquantaine d’années des promeneurs ont trouvé un groupe important d’abris peints, relativement bien conservés. Nous avons visité 11 de ces abris.
 
a. L’abri de Doña Clotilde
Les peintures de cet abri appartiennent à une phase terminal de l’art levantin. A gauche la surface rocheuse est fortement altérée et les peintures peu visibles. On voit un grand taureau aux cornes en U, entouré de traces de sujets humains et d’un signe serpentiforme.
 
 
A sa droite , un quadrupède indéterminé est conduit par un licol. Au dessus on voit les restants d’un personnage et plus bas deux sujets humains schématiques coiffés d’un bonnet plat. Au centre un arbre (très rare dans l’art rupestre) dont les racines, le tronc, les branches et les fruits ont été représentés. Cet arbre est surmonté d’un quadrupède qui recouvre en partie une figure zébrée qui pourrait être un oiseau. Des archers stylisés sont surmontés d’un signe en forme d’oméga renversé typique du néolithique.. On voit ensuite deux grands
 personnages, des animaux, un archer et un serpent.
 A l’extrême droite se trouve une curieuse figure humaine hypertrophiée à tête globuleuse.
 
 
b. Abrigo de los Toricos del Prado de Navazo
 
L’abri est assez profond caché parmi les pinèdes. C’est une frise de 3m de longueur dont toutes les figures sont blanches à l’exception d’un taureau et d’un archer noirs. Le premier taureau de gauche est partiellement recoupé par un capridé. Plus à droite une série de grands taureaux au dessous desquels se trouvent des cervidés, un cheval broutant et des archers assez schématiques.
 
c. Abrigo del Tio Campano
 
 C’est un petit panneau où ne se trouvent que quatre figures. Il y a, à gauche, un avant de cervidé (?) surmonté par un cheval tenu en laisse par un personnage qui tient de la même main une baguette pointant vers un grand cerf.
d. Abrigo de la Cocinilla del Obispo
C’est un abri spacieux dont la grande frise peinte est altérée par des coulées de calcite. Elle est composée de 7 taureaux . Le taureau rouge de la gauche atteint 1 m de longueur. Les autres sont blancs à l’exception du taureau rouge de droite qui a été repeint sur un autre taureau blanc dont le contour dépasse sous sa ligne dorsale. Ses sabots sont retouchés en noir. On remarque également une retouche de couleur noire aux naseaux du taureau blanc de droite.
 
e. Abrigo del Archero Negro
 
C’est un surplomb sur une petite falaise. Sous celui-ci se trouve un archer noir figuré à l’horizontale.
 
f. Abrigo de las figuras diversas
 
C’est un abri de 3 m de longueur et de faible profondeur. On y voit un cerf rouge partiellement superposé à un cerf effacé. Plus bas il y a un chasseur filiforme et un boviné tous deux de couleur noire. En dessous un petit archer rouge semble soulever un objet arrondi
 
g. Abrigo del Ciervo
 
A quelques dizaines de mètres de l’abri précédent la roche forme un cul de sac qui conserve quelques peintures peu lisibles. Il s’agit de trois cerfs rouges et d’un archer noir filiforme.
 
 
h. Abrigo del medio Caballo
 
Une centaine de mètres plus au nord il y a une cavité assez basse. Les peintures se trouvent au fond, sur la paroi latérale gauche, sur la paroi de fond et sur le plafond. A gauche se trouve un taureau noirâtre très altéré. Sur la paroi du fond on voit deux taureaux noirs affrontés aux cornes en demi lune. Une saillie du plafond montre un cerf rouge et l’avant train d’un cheval blanc. Sur le surplomb droit on voit un cheval rougeâtre. Sous le surplomb de droite on voit des vestiges de cerfs et un sanglier. Plus à droite encore se trouvent 3 biches. Le plafond montre trois archers, une magnifique chèvre avec une unique corne recourbée. Plus à droite encore on voit un capridé blessé à deux cornes, des chevaux blancs et un cheval rouge.
 
i. Abrigo de los caballos
 
A 150 m plus au nord un abri est creusé dans une roche en forme d’un pain de sucre. De gauche à droite on peut voir un cerf noirâtre, le restant d’un avant train de cheval brun, et de deux cervidés rouges. Un cheval rouge brunâtre est repeint sur un autre cheval plus clair. Plus bas vers la droite un petit cheval clair est relié par un licol à un homme.
 
 
Entre Toledo et Avila, proche du village de San Martin de Valdeglesias se trouve un site rassemblant plusieures sculptures de grande taille représentant des taureaux de l’époque pré-romaine (4° au 2° siècle avant notre ère) réalisées par le peuple des Vettons. On pense qu’elles avaient un signification religieuse.
Sur l’un des taureaux, a été gravée la phrase latine « LONGINUS PRISCO CALATEO PATRI F.C. » signifiant Longinus fils de son père Prisco de la tribu des Calaètes.
Cet endroit est emblématique pour l’Espagne car c’est le lieu où le roi Henri IV a proclamé sa fille Isabelle la catholique reine de Castille.
 

A une vingtaine de kilomètres de Ciudad Rodrigo, près de la frontière portugaise se trouve le site de Siega Verde découvert en 1988 par le conservateur du Musée de Salamanque, Manuel Santonja. C’est un site de plein air, comme Foz Côa au Portugal, situé le long du Rio Agueda sur une seule rive faisant face au levant. Il est constitué de 540 figures gravées par incision ou piquetage et regroupées en 94 panneaux. Ce sont des gravures datant du paléolithique supérieur (de 17000 à 12000 ans) dont les caractéristiques sont apparentées à l’art rupestre cantabrique. On y retrouve les mêmes animaux (chevaux, bovidés, cervidés, rennes, rhinocéros etc...) présentant les mêmes conventions stylistiques pour représenter les formes (crinières, museaux, articulations, pelage...).

 
9. Cueva de Tito Bustillo
 
La grotte de Tito Bustillo est située à Ribadesella dans les Asturies, sur la rive ouest du Rio Sella. Elle a éété découverte en 1968 par un groupe de jeunes spéléologues. Elle appartient à un réseau karstique où sont situées les grottes de la Lloseta et de la Cuevona.
A quelques dizaines de mètres de l’entrée préhistorique se trouve l’essentiel de la décoration peinte et gravée. Le panneau principal est constitué par la paroi droite d’un diverticule. Les figures sont grandes (le cheval principal fait environ 3 m) bichromes et modelées. Outre des chevaux on constate la présence de rennes, de cervidés, de bouquetins, d’aurochs et de bisons.
Entre la partie antérieure de la décoration et le fond de la grotte se déroule une galerie longue de 350 mètres, vers le bout de laquelle s’ouvre un diverticule où sont peintes à l’ocre rouge cinq vulves et des ponctuations. Quatre biches, trois aurochs et un cheval sont dispersés à proximité..
 
 
C’est une petite grotte située à quelques kilomètres de Cangas de Onis, au nord du village de Cardes. Elle fut découverte en 1916 par le Comte de la Vega del Sella et étudiée par Hugo Obermayer.
On monte à la grotte par un sentier ombragé qui aboutit à un porche ouvrant sur un abri rocheux au fond duquel se trouve l’entrée de la grotte.
 A partir de 60 mètres commencent les gravures et peintures attribuées au Magdalénien par Breuil, ou
Plutôt au Solutréen selon Les préhistoriens espagnols Actuels.
 Obermayer a décrit 7 chevaux gravés, avec des traces de peinture noire, 5 cerfs et 2 biches gravés et parfois peints, un cervidé à énormes bois palmés, un bouquetin et un bison gravé et peint en noir. Il y a aussi une quinzaine de signes que Breuil qualifie de tectiformes.
 

Les relevés des abris sont extraits de : L.Dams (1984)Les peintures rupestres du Levant espagnol. Picard.

 
 
Publié le jeudi 16 juin 2005
Mis à jour le jeudi 8 février 2007

 
 
 
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