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Cantabrie 2007, compte-rendu de notre séjour-Images

 

Voyage en Cantabrie (29 octobre 02 Novembre 2007)

Comme par le passé "Lithos" organisait à l’automne 2007 un voyage en Cantabrie où 21 adhérents ont pu visiter des sites magiques de la préhistoire et retrouver l’ambiance "Lithos" extraordinaire.

DESCRIPTION DES SITES VISITES (par ordre alphabétique)

1) ALTAMIRA

Les peintures de la grotte d’Altamira ont été découvertes en 1879 par la petite fille de Sainz de Sautuola.. L’authenticité des peintures ne fut reconnu qu’en 1902. L’obstruction de la grotte par la chute de blocs issus de la voute du porche avait assuré la conservation de la grotte pendant plus de 15000 ans. Cavité complexe, la caverne est constituée d’une grande galerie tortueuse et d’un diverticule appelé ‘la queue de cheval ».Des fouilles dans l’entrée, ont montré des occupations successives. D’après M.Conkey, Altamira pouvait être un site d’agrégation -site de rassemblements rituels périodiques des populations de la région qui échangent des biens, des idées, des objets, voir des individus (exogamie)-Un panneau dans le musée rappelle cette thèse. L’ouverture d’un accès permettant des visites massives entraîna un déséquilibre qui se solda par des dégradations entraînant la décision de fermer la grotte. La construction d’un fac-simile appelé Altamira II et d’un musée très didactique permet actuellement la visite de nombreux touristes. La vraie grotte, Altamira I n’est plus visitée. Ce fac-simile est remarquable, présentant l’originalité de présenter la grotte avant l’effondrement de la voûte du porche d’entrée. Les activités des hommes préhistoriques sont présentées sous forme d’hologrammes cinématographiques, dont chaque thème est reproduit sous le porche dans des « stands » d’expositions bien conçus. Je regrette juste l’éclairage de la salle des taureaux polychromes par des néons trop lumineux. De ce fait, l’ambiance magique de la véritable grotte n’existe plus. En contre partie, l’absence de piliers, la hauteur sous voute permet de bénéficier d’une vision globale, que les paléolithiques ne pouvaient pas avoir.

2) CHIMENEAS

 C’est une grande cavité de deux étages dans laquelle on descend environ trente mètres par un escalier presque en colimaçon qui emprunte la cheminée. Sur le palier inférieur, on trouve l’entrée naturelle préhistorique et la salle des peintures. Le sanctuaire débute à une vingtaine de mètres de l’entrée et il occupe successivement une première petite salle, un passage, une salle assez vaste au fond de laquelle on accède à un réduit profond en passant sous des retombées successives de la roche. La paroi de droite est recouverte d’une pellicule tendre et argileuse et les oeuvres qui la recouvrent (1 à 6 du plan) sont gravées, sauf la tête du cheval du panneau 6 tracé en noir. L’entrée est marquée par deux cerfs et une biche (1,2,5). Des grattages et contours inachevés précèdent la grande salle (3,4). Dans cette salle, le panneau d’animaux (6) et le panneau des signes (7) sont placés l’un en face de l’autre. Les signes sont quadrangulaires compartimentés avec plusieurs motifs de remplissages.La série de signes se poursuit derrière la première retombée (8) et dans le réduit (10). Dans ce réduit se trouvent les dessins remarquables de cerfs d’une grande fraicheur. D’un côté se trouve un cerf noir avec une grande ramure, sans yeux, et de l’autre deux cerfs superposés, tête-bêche , sans yeux faisant face à un panneau symétrique de deux cerfs, dans la même situation mais avec des yeux. Cette grotte avec ses signes quadrangulaires et ce cabinet des cerfs noirs donne la clé de lecture du voyage chamanique dans le monde des esprits, au delà de la paroi. Le rectangle divisé en trois parties peut symboliser les deux mondes séparés par la paroi de la grotte. Le cerf peut être l’animal tutélaire du chamane, forme sous laquelle il effectue le voyage. Il n’a plus besoin d’organes des sens quand il passe la paroi. Il les retrouve lors du retour de son voyage pour retrouver le monde des vivants.

   

3) COVALANAS

A proximité de Ramalès de la Victoria, au sud-est de Santander, s’ouvrent dans une ligne de falaises appelées El Salto des Osos, une série de grottes visibles depuis la vallée. C’est là qu’en 1903 H. Alcade des Rio et L.Sierra ont découvert la grotte de Covalanas. L ‘entrée forme un abri d’où partent deux galeries. On accède à la galerie gauche par une vaste salle au plafond bas. Elle mène à un corridor de 3m de large. A 75m de l’entrée commencent les œuvres peintes en rouge par tamponnement . Parfois les points sont si rapprochés qu’ils donnent l’illusion d’une ligne continue. Cette technique s’accompagne d’un modelé rendu par épaississement des traits à la gorge, l’épaule, la hanche, la fesse, le ventre, le coude. La série des figures commence par un cerf suivi par deux biches. Dans une alcôve figure au centre une biche sans membres antérieurs. A droite et à gauche se trouvent deux avant trains de biches et dans un coin deux signes rouges allongés d’allure quadrangulaire. Face à la sortie de l’alcôve, sur la paroi de droite, un cheval est accompagné de lignes de bâtonnets et entouré de 12 biches. L’une d’elle a été identifiée par Breuil comme un mâle sans ramures.

 

Notez la "séparation de l’animal, comme si l’arriere-train rentrait dans la roche et l’avant-train en ressortait, voir également la "blessure" sur le poitrail et la double ligne sous le ventre

une biche gravée sur omoplate d’El Castillo

Voici la vue que l’on a depuis Covalanas, la "grotte sacrée " et depuis "el Miro, la grotte dont le haut-vent fut "habité" depuis les époques moustériennes. "Pyramidenaturelle magique" !

Dans les fouilles de El Miron a été mis au jour une omoplate gravée d’une biche, identique aux omoplates gravées (("raclées") d’ El Castillo et d’Alatamira, pour certain cet "objet" aurait pu servir de "brouillon" aux artistes avant d’aller peindre les biches dans la caverne"sanctuaire" de Covalanas, juste au-dessus. Pour ma part, je ne partage pas cet avis, les techniques étant tout à fait différentes et cette gravure ne représente que la tête de la biche et non une biche compléte et d’autre part ce type de gravure est rare et ne semble pas correspondre à des ostraca qui seraient nombreux. Cet gravuvure fantastique es exposée au musée de préhistoire de Santander.

 

Il est possible que ce soit par cette vallée remontant vers l’interieur des terres que les hommes du paléolithique supérieur ont du arriver sur le bord de l’Atlantique et pousuivre leur chemin vers les Asturies et remonter vers le Pays Basque espagnol. Vallée riche en "grottes ornées" (Cullavera, ArcosI etII, Oro-garena, ...et à proximité du bord de mer : La Garma, Cuco...)

4) EL CASTILLO

 La grotte a été découverte en 1903 par Alcade des Rio et l’abbé Breuil en fit le relevé. A l’entrée se trouvait un dépôt archéologique fouillé dès 1909. La stratigraphie atteignait une hauteur de 20m avec 26 strates allant du Moustérien à l’Azilien. La fouille a livré de nombreux objets dont un bâton percé orné d’un cerf, de nombreux outils, des omoplates décorées. La grotte fait 150m dans sa plus grande longueur, elle est constituée par 2 galeries parallèles I et V. La grotte a été fréquentée au cours de deux périodes. La partie la plus importante est la zone IV, tapissée par des mains négatives. On y trouve des bisons, des biches, des chevaux et des signes quadrangulaires semblables à ceux de la Pasiega. Dans la zone V on trouve une série de disques rouges, des mains et une tête de taureau. Un cheval blessé se trouve en 25 avec un signe en accolade. Dans la zone III en 40, une stalagmite est transformée en bison vertical par addition de traits noirs sur le relief évocateur. A l’intérieur des jambes humaines montrent qu’il s’agit d’un chaman.. Quand on éclaire cette stalagmite latéralement, l’ombre se reflète en sorcier sur la paroi, dont les pieds ont été ajoutés en peinture noire. En 47 des signes campaniformes (cloches) rouges (assimilés à des vulves par Leroi-Gourhan...) accompagnés d’un signe branchu noir.

 

Le plus étrange et le plus surprenant, l’ombre portée sur la paroi du sorcier/chaman/bison s’encastre parfaitement dans deux pattes/jambes dessinées sur cete même paroi... volume, espace et mouvement...l’esprit est là !

Nous devons cette "trouvaille" à Marc Groënen et à notre ami Chema...mais quelle découverte !!!

5) EL PENDO

 La zone décorée mesure environ 8,80m de large pour 3 à 3,50m de hauteur. L’ensemble orné est dominé par des représentations de biches avec 7 figures certaines et 2 autres probables. A signaler en outre 1 bouquetin, 1 cheval, 1 bison, 2 quadrupèdes indéterminés, des signes et plusieurs points et traces isolées. Trois techniques artistiques ont jusqu’à présent été notées pour l’exécution des figures : la teinte plane, le tamponné, simple ou juxtaposé et le tracé simple de taille plus ou moins grande. Dans certaines figures apparaissent deux ou trois techniques combinées (aplat, tamponné, tracé simple)L’ocre rouge est le pigment prédominant. La structure de la frise suggère une unité de composition avec apparemment recherche d’une certaine mise en scène. L’unité de style suggère le Solutréen et pourrait être daté entre 18000 et 20000 BP. Cet ensemble rappelle les figures de Covalanas et certains panneaux de la Pasiega.

A l’extrémité inférieure de la grotte, dans un recoin surbaissé se continuant en étroit boyau se trouve une gravure pariétale de deux oiseaux dont les silhouettes se recroisent. Celui tourné vers la gauche a été donné pour un pingouin géant (Alces impennis) dont l’espèce a disparu au XIX°siècle, l’autre pourrait être un vautour. Les derniers relevés de ces gravures font état d’un cheval et d’un oiseau... la lecture de ce panneau est difficile. Il y a aussi les vestiges de deux autressihouettes quadrupèdes (chevaux ?) trop effacées pour être déchiffrées complètement.

Les relevés de 1911

6) LAS MONEDAS

C’est la dernière grotte située au Sud-Est du Mont Castillo à l’extrémité de la route aménagée. Elle a été découverte en 1952 par Garcia Lorenzo. Le sanctuaire est groupé dans une seule salle près de l’entrée sont le centre est occupé par un massif stalagmitique. Toutes les oeuvres sont peintes en noir. Le premier panneau (1) est constitué de figures ovales et des séries de batonnets. Les stries en losanges sont également reproduites dans le panneau 14. Les figures 2 et 3 sont sur la paroi en face et traitées en contours inachevés représentant un cheval et un mammouth. La figure 4 représente un cheval à modèle ventral en M, un renne remarquable d’exécution et les traces d’un bison et d’un bouquetin. La paroi se poursuit par les figures d’un cheval et un bâtonnet (5), un cheval sans tête (6) puis un renne encadré par deux bouquetins (7) comme à Niaux. Une seconde composition centrale (10) est située dans un retour de la paroi où l’on trouve un cheval, un bison accompagné d’un bouquetin. A leur gauche 3 rennes se suivent (11) sur le bord d’une retombée. A gauche se trouvent les signes (12), un claviforme qui rappelle les femmes des combarelles, un signe barbelé, 3 bâtonnets et un ovale formé de points. Sur le massif stalagmitique central se trouve un petit cheval (13) puis un cheval vertical sans tête (14) et les losanges. Le panneau 15 est traité en contours inachevés où l’on voit 5 chevaux et un animal sans tête. Le panneau 16 est une accumulation de sujets mâles pour Leroi-Gourhan : un cervidé, des signes barbelés, ours et bouquetins. Enfin le dernier point est décoré de bâtonnets (17). Les animaux sont traités dans le même style que Niaux, le sanctuaire est sans doute le plus récent du Mont Castillo (Magdalénien récent).

 7) LA PASIEGA

 Cette grotte du Mont Castillo a été découverte en 1911 par Obermaier. La caverne est composée d’une galerie d’une centaine de mètres de long parallèle au flanc de la colline qui émet vers l’extérieur 5 couloirs qui débouchent à l’air libre. L’essentiel des décorations se trouve aux deux extrémités : galeries A et B à l’est, galerie C à l’ouest.. Les parois très craquelées rendent difficiles la lecture des gravures. La galerie B comporte un nombre restreint de figures (bisons, chevaux, cerfs, peut-être un félin et une main. Trois signes claviformes rouges complètent la décoration. On trouve ce que l’on a appelé l’inscription de la Pasiega qui ressemblent à ceux d’El Castillo et d’autres grottes cantabriques ou françaises. La galerie A contient les figures les plus célèbres de la Pasiega. Elles constituent un ensemble homogène d’animaux et de signes peints en rouge. La galerie comporte un tronçon A-F , une petite salle terminale G-H et une fente J-K rapidement impénétrable. Toute la partie centrale (D,E,F,G) est occupée par des compositions sur le thème bœuf-cheval, avec cerfs et biches adjoints. Une composition bœuf-cheval se trouve au début de la série (A) et une autre identique (I) en fin de série. Le cul de sac (H) offre le seul bouquetin de l’ensemble. Les signes sont groupé dans l’arrière salle et dans la fissure où l’on en trouve 25 étroitement associés. La Galerie C se présente comme salle assez vaste d’une dizaine de mètres de longueur dont le fond s’ouvre sur un labyrinthe de petites galeries. Quelques figures sont disposées sur la paroi vers l’entrée comportant un bovidé vertical et un groupe de signes couplés interprétés par Leroi-Gourhan comme un piège ou un enclos quadrangulaire cloisonné. Les deux surfaces libres portent l’une un arrière train de bison, l’autre un avant train de biche. Pour Pascal Raux, c’est un signe évident du voyage chamanique avec, en haut, l’animal s’enfonçant au travers de la paroi vers le monde des esprits et, en bas, le retour. Le reste de la composition occupe une sorte de réduit dans lequel on peut pénétrer par deux fentes assez larges. La façade extérieure est décorée d’un grand bœuf rouge accompagné d’un bouquetin. La fente de gauche porte une biche qui semble se diriger vers l’intérieur, celle de droite porte sur chaque lèvre une tête de biche dans la même direction. Le panneau du fond de la petite chambre porte une grande composition de biches accompagnées d’un cheval, d’un bouquetin et de signes quadrangulaires et en accolade. Dans un coin de la paroi gauche se trouve un buste humain couronné d’une oreille et d’une encornure de bovidé. Le fond de la grotte reproduit les séquences que l’on vient de voir (bison, cheval, bouquetin, claviformes et points). Le bison est particulièrement artistique.

8) PEÑA-TU

C’est un rocher situé sur une colline près de Vidiago (Asturies) sans doute utilisé comme amer bien visible dès le Néolithique. La montée dure environ une demi-heure. En haut, le rocher se détache sur fond des monts d’Europe (2600m). C’est un rocher idole orné de gravures et de peintures rouges datant d’environ 4000 ans. L’idole de 1,10m de hauteur est une représentation géométrique d’un anthropomorphe dont le visage est évoqué par deux ronds et un trait vertical. Il est enveloppé d’un vêtement (ou sarcophage ?) décoré de zig-zags.A l’interieur, plusieurs traits verticaux pouraient être un "comptge" , peut-être une sorte de calendrier ? 

Près de lui se trouve un poignard -âge du Bronze-et des personnages schématiques-âge du fer et peut-être du Bronze récent- dont certains ont été « récupérés » à l’époque chrétienne (christannisation par la gravures de nombreuses croix). Cette année, nous avons pu visiter une exposition réalisée au bas de la "montagne", d’un grand intérêt cette expo présente les différente stéles de cette époque et ne manque pas d’intérêt.

9) Le Musée de Préhistoire à Santander.

Nouvelle et riche présentation des objets trouvés en fouille en Cantabrie, El Pendo, El Castillo, la pointe moustérienne trouvée fichée dans une vertébre d’Ours des cavernes mort dans la grotte de Las Monédas....et déjà les objets d’arts de La Garma, trouvée et fouillée seulement il y a quelques années !

Notons aussi la presentation d’une omoplate gravée (il s’agit d’une tête de biche "grattée") trouvée, il y a peu, dans les fouilles de la grotte d’El Miron, juste au dessous de Covalanas, ce qui à fait dire à certain que ce serait un ostraca, un "brouillon" fait dans le site d’habitat avant d’aller peindre dans le "grotte-sanctuaire". personellement je n’y crois pas et il s’agit bien là d’oeuvre à part entiére !- voir "covalanas"un peu plus haut-.

Bravo pour la superbe présentation et pour la rapidité d’étude et d’exposition au public !

Notons la présentation des stéles cantabres (de l’âge du fer- 1000bc- à la romanisation 2 iéme s BC), stéles de Zurita, de Lombera,cette derniere est gravée en partie haute d’une scéne d’un cavalier armé, puis en partie basse, le même cavalier, mort ,étendu et un corbeau, ou un rapace est là, au premier plan, il va "manger" le corps et l’emmener "au ciel, dans le monde d’en haut", (Psychopompe)c’es là une des premieres religion attestée en corellation avec le culte luni-solaire inscrit sur ces stéles. Nous avons pu voir, en place, la stéle de Baros.

suivez le lien pour le musée de Santander :

http://www.cantabriajoven.com/arte/m_prehistoria2.htm

au musée de Santander...

la stéle de Baros

 

 
 
Publié le dimanche 11 novembre 2007
Mis à jour le samedi 10 janvier 2009

 
 
 
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