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Colloques - Congrès-Manifestations
Assemblée Générale de Lithos 2006 : Communications

 
 

Assemblée Générale de Lithos 2006 : Communications
 
 

Jean-Jacques Cleyet-Merle, conservateur en Chef du Musée National de la Préhistoire : Conclusions du Congrès 2006 de l’Unesco sur la conservation des sites ornés. Bienvenue au Musée. Les sites de la Vézère ont été les premiers sites préhistoriques inscrits au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Les représentants de tous les pays du monde étaient présents. L’art pariétal est constamment en danger et surtout en Australie. Les dégradations sont nombreuses. Dans les sites de la Vézère montrent que la fréquentation du public n’est pas forcément le facteur de dégradation que l’on peut craindre. Tous les paramètres enregistrés montrent que la surveillance des sites visités permettent de respecter un certain équilibre souhaitable.

Yvette Deloison : L’antrhopologie et le passeport biométrique. L’anthropologie est née des recherches de l’origine de certains individus par la Police criminelle. Cela a donné naissance à la biométrie qui vise à l’identification de chacun dans un esprit de protection et de sécurité. Il faut trouver des caractéristiques permettant de reconnaître chacun en évitant les erreurs ou les confusions. Les méthodes utilisées sont nombreuses. La plus classique est la reconnaissance des empreintes digitales (sur une centaine de minuties, 12 points suffisent pour effectuer un contrôle. Cette méthode représente 34% du marché). La reconnaissance des empreintes palmaires (formes, longueur) a un taux d’erreur plus élevé et représente 26% du marché. La numérisation des caractéristiques de l’iris là aussi des possibilités d’erreurs sont dues à l’éclairage, à certains médicaments. La rétine est aussi étudiée (les dessins formés par les vaisseaux sanguins sont uniques pour chaque personne) Cette technique est mal supportée par le public du fait de la gène causée par la mesure. On peut utiliser la reconnaissance faciale , la configuration des veines associée à la géométrie de la mains, la dynamique des frappes sur le clavier, la reconnaissance vocale (tonalité, fréquence vocale) la dynamique du tracé des signatures, la biométrie de l’oreille, du nez, des lèvres, la manière de marcher, les empreintes digitales du pied, la détection des prothèses et machines bioniques. La méthode la plus fiable est l’ analyses de traces biologiques et principalement de l’ADN, dont l’inconvénient est le prix. L’usage de la biométrie fait peur a beaucoup de gens mais on voit bien que l’avenir du monde passe par la protection des innocents contre le terrorisme aveugle.

Alain Lambrechts : Les dolmens du Mont Lozère. 122 menhirs sont situés sur les croupes des causses du Mont Lozère, à l’emplacement d’une faille géologique. Ils sont redressés par la direction du Parc National des Cévennes. Un itinéraire est aménagé permettant de découvrir des menhirs de granite, fusiformes aux angles arrondis. Ces menhirs datant du néolithique final ont été vénérés jusque dans la période historique, où on leur attribuait des valeurs curatives.

René Mottet : Aperçu de la préhistoire en Corse. La préhistoire corse est liée au contexte méditerranéen, au sud du golfe de Gênes. Elle s’est détachée du continent il y a 35 millions d’années avec une rotation de 30°. Sa faune préhistorique a été caractérisée par une sorte de lapin le Prolagus. Les premières civilisations connues datent de –8000 ans. En 1992 a été découvert dans le cap corse un gisement de bois de mégacéros datant du Moustérien. Le prénéolithique est défini par la présence de foyers et d’habitats sommaires. Les sépultures sont soignées (la Dame de Bonifacio). Au Cardial, à l’Ile Rousse, la population semble importante. La céramique est de 2 styles : cardial et poinçonné. Le néolithique moyen est récent est marqué par la succession de plusieurs groupes. La peche à la ligne est fréquente. Des armatures perçantes sont nombreuses. L’habitat est plus élaboré avec des villages dont les cabanes ont une base en pierres sèches. Des sépultures en coffres sont fréquentes. Au chalcolithique on voit de nouvelles vagues d’immigrants. Des armatures pédonculées munies d’ailerons, de bracelets en stéatite. La céramique est à fond plat. Des vestiges du travail du cuivre et les monuments mégalithiques sont nombreux avec des statues menhirs en granite. Des dolmens sont aussi présents (Filitosa) . A l’âge du Bronze la population est dense. Des guerres sont permanentes. La céramique est omniprésente. L’armement est caractérisé par des rapières, des poignards et des haches. L’habitat est souvent groupé (castelli) avec des logements et des réserves de nourriture. A l’âge du Fer les habitants deviennent les corsii. Le bronze est utilisé pour la parure, le fer pour les armes. Les grecs arrivent puis les romains et la protohistoire s’achève.

François Claerhout : la préhistoire argentine. Dans la province de Cordoba, 126 abris ornés témoignent d’une préhistoire récente qui a disparu avec l’arrivée des espagnols au XV° siècle. Les indiens habitaient la pré-cordillère. Les sites visités sont au bord d’une rivière. Les peintures sont classées en 3 catégories , figuratif, géométrique et indéfini ! On y voit des pointillés, des guanacos, des cavaliers, mêlés à des signes (bâtonnets, plumes, lamas dans un mouvement ascensionnel, des masques, des huttes, des blasons etc …), des empreintes de félins, des signes astronomiques (?) et, bien sûr, Des condors. Des cavaliers espagnols sont également représentés, très bien proportionnés. Les dessins sont à hauteur d’homme surmontés de signes non figuratifs. Les animaux ont toujours l’air de monter. Les datations vont de -500 à +1500. La sédentarisation se fait vers l’an 1000. Les dessins noirs et rouges sont antérieurs aux blancs. Un 2° site est creusé d’abris ; on y voit des archers avec des parures dorsales très schématiques, toutes différentes, certaines ont des traits en zigzag comme les peintures du Drakensberg en Afrique du Sud ! On voit également des condors, un félin, un cactus (source de substances hallucinogènes), une main négative blanche. Les espagnols arrivent en 1543. Diego Fernandez rencontre les indiens grands et barbus. Ils chassaient le nandou ou le guanaco avec des bolas. Le guitariste Atahualpa Yupanqui est enterré près de ce site, dans un cercle de pierres. Plus au nord un site plus vaste montre un habitat semi-enterré avec une charpente en bois de cactus, où les indiens ont résisté pendant un siècle à l’occupation espagnole. On voit également des figures rupestres (animaux, oiseaux, rochers gravés, sorciers, cervidés, des grilles, des grelots, des os creux et des vases funéraires montrant l’homme lézard entouré de points. Ces indiens se sont auto-détruits, tuant leurs bébés pour ne pas survivre à la fin de leur civilisation.

Alain Besnard : les zoomorphes dans l’art rupestre de Fontainebleau. Les figures datent du Mésolithique avec des rajouts postérieurs. Le bestiaire n’est pas représentatif de la faune de l’époque. 1200 abris ornés sont sur l’ensemble de la zone caractérisée par des chaos gréseux. On y trouve des abris sous roche, des chambres, et des abris géodiques. Les animaux sont essentiellement représentés par des cervidés très schématiques entourés de signes non figuratifs. Un autre panneau montre deux cervidés mâles qui se suivent, la queue dressée. On voit aussi un cerf avec des bois en forme de râteau, face à un autre animal (Age du Bronze ? ). Un autre cervidé semble être une réutilisation d’un dessin mésolithique. Une autre figure montre une ramure. Des dégradations récentes effacent une partie de ces figures. Une biche n’est connue que par une photo car elle a été murée en 1955. Une gravure préhistorique côtoie des figures datant de la Renaissance. Des équidés sont aussi représentés dont un cheval avec un cavalier qui tient une lance. A côté un second cheval date également du Moyen Age. Un autre équidé apparaît plus moderne avec une inscription EPONA. Un cheval a une tête bien visible, et une fissure naturelle représente une crinière découvert en 1961 par un Suisse. Une gravure de l’Age du Fer montre un cheval juxtaposé à un char (ou plus exactement une rouelle, avec un trait et des anthropomorphes. Les graffitis de la période historique montrent un arrière train de cheval, un autre cheval. Une peinture montre un animal noirci par des microorganismes, avec un digité ocre et blanc. Des canidés sont représentés par un animal bizarre au museau carré, un autre plus significatif et un troisième aux grandes oreilles. Un lézard, repéré dès 1911, a été relevé par estampage. On trouve enfin des oiseaux. Un premier a des ailes , un corps, des pattes. Un autre est aussi très schématique. Une chouette figure sur un bloc qui a été séparé. Une gravure piquetée représente aussi un oiseau.

Pierre Roussel : L’art rupestre en Australie. Au nord du continent australien, dans le Parc National du Kakadu, se trouvent des sites rupestres remarquables. On y voit des peintures de femmes et d’hommes, ces derniers souvent armés de propulseurs et de sagaies ou encore de boomerangs. Ils portent des ornements de coudes auxquels sont attachés des plumes ou des végétaux tressés. Les animaux sont des walabis, des iguanes, des tortues. Un poisson chat très grand peint du kaolin.. L’interprétation en est difficile. Des poissons, la tête en bas, sont représentés en style « rayons X » montrant leurs arêtes, les intestins. Une frise montre des femmes, les bras écartés qui sont des êtres mixtes : les sœurs-crocodiles. Namargon (l’homme foudre) est représenté avec un très long pénis. Un autre homme a la colonne vertébrale qui se prolonge dans le pénis. Un serpent dont le corps mesure plusieurs mètres et se perd au fond de la grotte. Un oiseau (aminga) qui étend les ailes pour les sécher avec un cou plus long que les cormorans. Après l’arrivée des blancs, des carafes sont représentées, un fusil, un bateau. Un personnage ressemble au Christ du Mont Bego. Une fresque de 35m montre des personnages, des iguanes, des serpents, des mains très fines (certaines sont bleues). On voit également une sépulture traditionnelle, des mortiers où les indigènes broyaient l’ocre.

Pr. Lutz Fielder : Le Fezzan, nouvelle approche. Le Fezzan est un plateau situé au sud-ouest de la Lybie. Le plateau du Messak est très aride et rocheux. Les gravures, faites sur des dalles verticales, montrent tout un bestiaire néolithique : des bovidés néolithiques avec les cornes en U différentes de celles des aurochs, des buffles sauvages. Des moutons sont plus rares. On voit aussi des bubales et des autruches néolithiques. Des chasseurs avec des haches affrontent un rhinocéros. Une autre figure montre un aurochs entravé. Des inscriptions faites par des touaregs surchargent les gravures. On voit également des éléphants, des rhinocéros, des hippopotames de grande taille avec de curieuses dents de crocodiles, des girafes polies de trois mètres de hauteur, des chameaux, des petites gazelles, des antilopes , des lièvres, des crocodiles, des phacochères, des onagres, des chacals, des lions, des lycaons. Des chasseurs présentent des ornementations telles que bracelets, colliers, vêtements. Un démon cornu est monté sur un éléphant, ce qui est très curieux en Afrique. Un chasseur avec un masque est environné de femmes plus grandes, les mains tendues vers l’homme. Une scène montre des femmes, propriétaires des troupeaux, elles tiennent les bovidés avec les liens. D’autres scènes montrent toujours des femmes plus grandes que les hommes , qui symbolisent le matriarcat. D’autres femmes orantes sont peut-être des prêtresses.

Assoulou Dolo : Film sur une pêche rituelle dans une mare du pays Dogon. Il s’agit d’une fête qui a lieu chaque année à la fin avril à Damba. La pêche des derniers poissons chats est faite uniquement par les hommes, dans une mare qui s’assèche l’été. Les hommes s’assemblent autour de la mare dans un silence impressionnant ; des prières animistes sont alors dites. La pêche commence uniquement par les neveux de Damba (dont les mères vivent au village) qui plongent des nasses sans fond dans la vase et attrapent les poissons à la mains. Puis ils sortent et de nouvelles prières sont alors prononcées. Ensuite la pêche est effectuée par tous les hommes qui le désirent. C’est une cohue extraordinaire, dans cette mare assez exiguë. Ce film est un témoignage important sur un événement rituel Dogon examiné et décrit par un Dogon.

Pascal Raux : Bernifal, la grotte sacrée. Pascal nous montre un diaporama effectué à partir de ses nombreuses photos de la grotte de Bernifal. L’utilisation du sur-lignage des gravures rend les panneaux très lisibles ; on découvre des détails qui habituellement passent inaperçus, dont les mammouths dans une faille très étroite et difficile d’accès, et un autre mammouth accompagné de masques, dans une cheminée verticale. Immédiatement après avoir visionné ce diaporama, nous allons à Bernifal effectuer la visite réelle, cette fois, avec les frères Peymembran propriétaires de la grotte.

 
 
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